Le Castor d’Europe (castor fiber)

Le Castor d’Europe (castor fiber)

Le castor est le plus gros rongeur d’Europe, le pêcheur de truite pourra le rencontrer sur les berges des rivières de première catégorie en plaine, à courant régulier et assez lent. Il peut aisément dépasser le mètre de longueur (dont une trentaine de centimètres pour la queue) et peser jusqu’à 30 KG.

Du 17ème siècle et jusqu’à la fin du 19ème, le castor a quasiment disparu en France, chassé pour sa fourrure, sa viande et des primes de destruction étaient versées par les syndicats des digues, il était alors présent uniquement en Camargue.


C’est en 1909 qui fut protégé afin d’empêcher sa disparition dans les Bouches du Rhône, et sa colonisation commença d’aval vers l’amont, en 1960 il était présent au sud de Lyon. Une campagne de réintroduction fût menée, en capturant puis relâchant des castors du bassin Rhodanien afin de fournir d’autres bassins versants. De nos jours la population se porte bien et continue son expansion sur le territoire.

Fiche signalitique

Castor d'europe

Classe : Mammifères 

Ordre : Rongeurs 

Famille : Castoridés 

Poids : 21 kg en moyenne (30 kg maximum observé en vallée du Rhône) 

Longueur totale du corps : 80 à 90 cm 

Pelage : dense (12 000 à 23 000 poils/cm2 ) brun-jaunâtre. 

Pattes antérieures : 4 cm de long, 5 cm de large. 5 doigts munis d'ongles forts et recourbés 

Pattes postérieures : 15 cm de long, 10 cm de large. 5 orteils, palmure complète 

Queue : 29 cm à 31 cm de long pour la partie écailleuse, aplatie dorso-ventralement, recouverte d'écailles juxtaposées, recouverte de poils et de section circulaire à la base 

Longévité en nature : 7 à 8 ans en moyenne

Activité : nocturne et crépusculaire 

Physiologie

- Conduits auditifs et narines obstrués systématiquement par des valvules lorsque l’animal est en plongée.
- La queue sert de dépôt de stockage de graisse.
- Il a un rythme métabolique normal mais est assez léthargique.
- Il craint le gel.
- Plus il fait chaud plus le Castor d’Europe est gros.
- La fourrure comporte des poils courts pour l’isolation thermique et des poils longs pour retenir l’air ce qui facilite le glissement de l’eau.

Biologie

- Orteils des pattes extérieures palmés.
- Deux griffes fendues sur le 2ème orteil : cela lui sert à lisser son pelage répartissant ainsi une substance huileuse sur les poils de son corps.
- Queue plate recouverte d’écailles, il s’en sert de gouvernail quand il nage.
- Un repli de peau à l’intérieur de la gueule pour pouvoir manger sous l’eau
- Des incisives revêtue d’émaille orange avec lequel il est capable de couper des arbres adultes.
- Possède un orifice unique pour excrétion et la reproduction.

Phénologie :

La maturité sexuelle est atteinte à 2 ans pour la femelle et à 3 ans pour le mâle. Le rut a lieu de janvier à mars. L’accouplement a lieu dans l’eau. La durée moyenne de la gestation est de 107 jours, avec une seule portée par an. Les naissances ont lieu entre le 15 mai et le 15 juin, jusqu’à 5 jeunes par portée, en moyenne moins de 2. Les jeunes, nidicoles, naissent les yeux ouverts et couverts d’un fin duvet. Le sevrage à lieu vers 6-8 semaines, l’émancipation au cours de leur deuxième hiver.

Castor et son petit

Ethologie :

- Herbivore stricte
- Pour réguler sa température corporelle, il trempe sa queue dans l’eau pour se rafraîchir.
- Se sert de la rivière pour effectuer de grandes distances (en nageant).
- Ne digère que 30% de la cellulose, c’est peu.
- Il est caecotrophe (il mange ses crottes pour en tirer tous les bons éléments).
- Se nourrit d’acide salicylique (contenue dans le Saule)
- Principalement nocturne tout comme son cousin canadien.
- Minimise ses dépenses énergétiques lorsque l’eau est gelée en restant près de son terrier.
- L’essentiel de sa nourriture se situe dans un rayon de 20m autour du terrier dont l’entrée est immergée.
- Espèce territoriale.
- Animal sociable qui vit le plus souvent en groupes familiaux formés de deux adultes, de jeunes de plus d’un an et des jeunes de l’année.
- Le domaine vital d’un groupe familial s’étend de 1 à 3 km de cours d’eau et reconnaissables par de nombreux indices (coupe d’arbres et arbustes, dépôts de castoréum, coulées,…).

Habitats du castor et construction de barrages

Le castor vit aux abords de nos rivières, lacs, étangs, ou même grands cours d'eau, dans des zones appelées ripisylves. Le castor se déplace principalement dans l’eau, et ne fait que de très courtes distances sur la terre ferme, ce qui explique que son territoire ne dépasse pas les limites de la ripisylve. Deux facteurs sont donc primordiaux à l’habitat du rongeur: l’eau et une végétation arborescente riveraine.

Le rongeur vit dans des eaux calmes dont la profondeur est suffisante pour y nager et immerger l'entrée du gîte, soit au minimum une soixantaine de centimètres. Son terrier est creusé dans la berge. Si cette berge n’est pas assez haute, et que le castor a percé le plafond en la creusant, il construit un terrier-hutte, c’est-à-dire qu’il compense la hauteur manquante en empilant différents matériaux (bois, branches, pierres, colmatés de terre ou de boue). Si la berge est vraiment très basse, il peut construire une hutte sur la berge. Enfin, si les berges n’offrent pas les conditions nécessaires de sécurité, il construira une hutte en île au milieu du plan d’eau.

Barrage de castors

Régime alimentaire

coupe en K de castor

Le Castor est strictement végétarien. Les besoins quotidiens d’un adulte s’élevant à 2 kg de matière végétale ou 700 g d’écorce. Il est très éclectique dans ses choix alimentaires : écorce, feuilles et jeunes pousses des plants ligneux, hydrophytes, fruits, tubercules et végétation herbacée terrestre. Les plants ligneux constituent l’essentiel de l’alimentation hivernale. Environ une trentaine d’espèces d’arbres peuvent être consommées, mais ce sont les salicacées (Saules et Peupliers) qui sont les plus recherchées. L’essentiel des coupes concerne des troncs et des branches de 3 cm à 8 cm de diamètre. 

De fait, les strates arborées rivulaires basses revêtent une grande importance pour le Castor. Parmi la végétation herbacée, l’Armoise (Artemisia vulgaris) est très appréciée.

Prédateurs

Les prédateurs naturels du castor tels l’ours, le loup, le lynx, la Loutre ont aujourd’hui majoritairement disparu (la loutre est encore présente par endroit et reste donc prédatrice des petits castors, le loup et le lynx sont en cours d’expansion et pourront réguler la population des adultes). Les causes comme la chasse, le braconnage, l’aménagement des cours d’eau avec la destruction de leur habitat sont les causes principales de mortalité du castor.