Conseils pour bien débuter la pêche de la truite :

La truite est un animal sauvage et fantasque dont la méfiance s'aiguise de plus en plus. Malgré la complexité de sa traque, appliquer certaines règles simples permet de se faire plaisir et de réussir dans la plupart des situations rencontrées. Ici, la simplicité et le bon sens sont de précieux atouts : le débutant attentif et curieux pourra alors progresser rapidement. Pour cela, rien ne vaut les heures passées au bord de l'eau, c'est là que l'on apprend la pêche !

Voici 6 conseils qui pourront vous aider dans cet objectif :

Savoir repérer les bons postes :

Quelque soit la technique choisie, comprendre la tenue des poissons est un élément clé de la réussite.
En effet, au fil de la saison et même au cours d'une même journée, les poissons se postent différemment. Toute la magie de la pêche en eaux vives consiste à rechercher sur quel type de poste se tiennent les truites, tel jour, à telle heure.
Pour faire simple, il faut garder à l'esprit que la truite est un animal paresseux. On la recherchera donc les endroits où le courant est amorti (même dans une rivière puissante, la truite se tiendra dans les veines où l'eau est la moins vive).
Il faut aussi comprendre que l'activité des truites conditionne leur tenue :
Par exemple lorsque les truites sont en chasse, elles se rencontrent fréquemment devant les pierres, en fin de plage (juste avant la cascade suivante), à la jonction de 2 courants, au niveau de veines porteuses : ce sont des postes de chasse.
D'autres fois, ces postes semblent désertés, et les touches y sont rares. Les truites sont peu actives. Afin de les tenter, il faudra présenter l'appât au plus près de leur refuge. La pêche des caches près des bordures, en frôlant les blocs et les obstacles divers, est alors la plus rentable : ce sont des postes de repos. La truite réagira par agressivité, même si elle n'est pas entrain de s'alimenter.

Choisir un matériel adapté au débutant :

Face à l'offre pléthorique actuelle, il n'est pas évident de choisir son matériel pour débuter : les forums de pêche et les détaillants compétents sont là pour vous aider.
Mieux vaut rester traditionnel quand on débute.
Au toc, une longueur de canne suffisante facilite le contrôle de la ligne, un modèle standard de 3,80 m est très polyvalent.
Au niveau de l'action, une action de pointe assez souple pardonne les erreurs de ferrage tout en permettant d'acquérir une précision suffisante.
Un moulinet simple et fonctionnel est aussi nécessaire : un tambour tournant type Ritma pour le toc, semi automatique pour la mouche, tambour fixe léger pour le vairon ou la pêche aux leurres.
Pour le petit matériel, il existe des marques renommées qui sont des valeurs sures ; il faut veiller à la qualité du nylon et des hameçons, le reste est secondaire.

Soigner l'approche :

La truite est un poisson extrêmement méfiant et le pêcheur devra être discret en action de pêche.
Bien sûr, suivant la saison et le type de cours d'eau convoité, cette approche est plus ou moins ardue. Il est clair que la pêche d'un ruisseau en remontant n'a rien à voir avec la prospection aval d'une plage en grand rivière. Dans le second cas, l'approche est facilitée par la masse d'eau et la distance séparant l'appât du pêcheur (souvent supérieure à dix mètres).
Lorsque la largeur et la profondeur du cours d'eau diminuent, la difficulté elle, augmente. Il faudra éviter tout geste ample notamment au moment du lancer, et se fondre dans la végétation rivulaire. Faites attention à la projection de votre ombre sur la rivière. Dès que les eaux deviennent maigres, il est primordial de pêcher en remontant, la truite se tenant le nez face au courant.

Etre en harmonie avec la nature :

Le pêcheur passionné est avant tout un amoureux de la nature. Quand on aime la nature, on aime vivre à son rythme… pour le traqueur de truite, être en accord avec la nature signifie adapter sa pêche à la saison. C'est valable pour le choix des postes, mais aussi pour la bouchée proposée aux truites :
En début de saison, l'eau est froide et les truites sortent d'un hiver qui les a affaiblit, d'autant qu'il fut marqué par leurs ébats amoureux. Il est bon de rappeler ici que la majeure partie de la croissance des truites se fait au printemps. Le pêcheur peut donc utiliser durant cette période (disons de l'ouverture au mois de mai) des appâts lourds, de taille moyenne (donc assez caloriques !) : vers et teignes sont les classiques de début de saison.
Inversement en été, les cours d'eau sont à l'étiage, l'eau réchauffée apporte une manne d'insectes aux truites. Lorsque l'eau est trop chaude, le métabolisme de la truite est ralenti (c'est un poisson homopétique…) ; dans ces conditions, diminuer la taille des appâts est indispensable : des mouches sèches sur hameçon de 18, au toc, c'est l'époque reine des insectes : la nature offre à votre disposition sauterelles, mouches et larves aquatiques diverses, utilisez donc ces merveilleuses esches et laisser tomber les grasses teignes en copeaux !

Faire simple :

Face aux discours de certains, la complexité de la pêche peut même devenir décourageante.
A la truite comme ailleurs, la simplicité paye souvent.
Prenons l'exemple du choix de la plombée au toc, sujet au combien délicat et qui suscite de nombreux débats. Si le choix de la plombée en grande rivière lorsqu'on pêche en dérive naturelle est primordial, il convient de simplifier son élaboration dans certains cas, notamment lorsqu'on pêche en torrent.
Là encore, il faut faire preuve de bon sens : lorsqu'on prospecte en remontant dans des postes réduits, une plombée assez regroupée et proche de l'hameçon se met en place rapidement. Une composition de 3 plombs numéro 6 est une bonne base qui peut évoluer ensuite en fonction des conditions.
A la mouche, de nombreux pêcheurs expérimentés confient régulièrement qu'une dizaine de modèles permet de faire face à quasiment toutes les situations. De même, les longs bas de ligne de plus de 5 mètres sont à réserver aux conditions exceptionnelles…

Etre polyvalent :

Nous avons une chance incroyable en France, celle de pouvoir pêcher la truite d'un grand nombre de façons différentes.
Comparativement à de nombreux paradis halieutiques dont on nous vante régulièrement les atouts, le traditionalisme et l'accessibilité de la pêche en France sont difficiles à retrouver à l'étranger. De même, dans une société de plus en plus contraignante, le côté libéral de la pêche à la truite est une marque française à conserver !

Simon Scodavolpe.