Peche au vairon manié avec monture godille

Confidence d'un pécheur Haut-Marnais.

Bien sur les sujets et autres textes  ne manquent pas , tout à été dit ou presque , néanmoins après vous avoir fournit le mode d'emploi  pour fabriquer un moule à godille artisanal et vous avoir expliquer comment installer un vairon sur ces mêmes godilles , il me semblait utile de vous faire partager mes connaissances , sommes toutes personnelles , sur ma façon de pécher la truite à cette technique .
J’insisterais sur le "personnel», ce mode de pèche implique une volonté de recherches permanentes afin de tirer le meilleurs de cette technique qui de surcroit ne sera pas la même pour chaque pécheur, donc personnelle, chacun sachant qu'aucuns ruisseaux ni aucunes rivières n'est semblables, certes quelques fois les détails sont infimes, parfois énormes, mais là se trouve la différence qui contribue à faire toute la beauté et la difficulté de notre passion.

Le matériel.

En premier lieu ,une bonne canne , d'une longueur variant de 2,50 m à 3 m étant un bon compromis , action de pointe pour une moyenne rivière , étudiée pour lancer un poids de 5/15 grammes , équipée d'un nombre conséquent d'anneaux de bonne qualités si possible surélevés , cela évite au nylon de coller sur la canne . Vous n'avez que l’embarras du choix.
Un bon moulinet , aussi important voire même plus que la canne , d'une bonne fluidité , ratio de 75/80 cm/tdm , important pour contrôler un vairon dans une veine d'eau assez rapide ,
je me suis longtemps contenté de moulins bas de gamme en croyant que cela suffisait vue que le moulin ne faisait pas le bon pécheur , erreur de ma part que je vais vite gommer , certes un moulinet à 200 euros ne fera pas de moi un excellent pécheur , j'en convient ,et je n'en ait pas les moyens .... Pour un budget de 70/80 euros, vous pouvez trouvez du très bon matériel, fiable et sur lequel vous pourrez compter, là encore les marques sérieuses ont une belle panoplie de modèles.
La ligne , perso j'utilise un nylon translucide de bonne qualité , 18/100 éme , libre a vous de choisir un nylon de couleur , cela n'a à mon avis pas d'effet notoire sur cette pèche en elle même , je ne fais pas de bas de ligne , je n'en vois pas l'utilité et cela me gênerais même pour sauver quelques montures , je m'explique :je m'accroche dans une branche , ou une racine a un endroit bien sur inaccessible , je baisse alors ma canne et j'ouvre le pick-up de façon à ce que mon nylon soit entrainé par le courant , ensuite je referme et je tend légèrement ma ligne et là je donne des petits à-coups , si la monture n'est pas bloquée par un obstacle celle ci va descendre le long du nylon poussée par le courant , je la laisse descendre jusqu’à ce que j'estime que la longueur est suffisante pour que je puisse m'en saisir ,je rembobine doucement en surélevant ma ligne au dessus de l'eau de façon a ce que la monture n'est plus d'emprise au courant , une fois récupérée , je peut tirer sur la ligne , sa se décroche ou sa casse , mais je ne perd que le triple , bien sur cela ne fonctionne pas à tous les coups , mais sa fonctionne .Avec un bas de ligne , impossible .
Pour le reste de l’équipement, il vous faudra, une paire de cuissardes ou des waders, bien utile pour aller décrocher une monture ou pour atteindre un poste, une épuisette pour ceux qui le veule, des lunettes polarisantes, une boite ou seront rangés quelques montures et triples d’avances, pour ces derniers, tailles 8/10 et pour finir une tenue adéquate pour se confondre avec l’environnement.

La pèche, analyse

Cela étant dit, une chose primordiale est à savoir sur cette technique ,c'est une pèche ou il faut prendre des risques , des montures vous allez en perdre c'est obligatoire , perso j'en perds une voire deux par sorties en général ,surtout en début de saison , pendant la fermeture la rivière à continuée de vivre , son lit c'est transformé , c'est encombré de pièges que vous ne pouvez pas déceler , vous allez pécher pour prendre les truites là ou les pécheurs a d' autre techniques éprouvent la plus grande difficulté à présenter leurs appâts , au vairons manié vous pouvez atteindre et explorer des postes ou une cuillère par exemple ne passera pas sans accroché , bien sur cette monture aussi s'accroche mais beaucoup moins que d'autres , c 'est un plus qu'il ne faut pas dédaigner .
Il ne faut pas hésiter, les racoins les plus inhospitalier sont souvent les meilleurs postes , et d'autres pécheurs n'ont peut être pas osés a les faire sous peine de perdre un leurs ou une cuillère .
Lorsque j'arrive au bord de l'eau , je m’arrête déjà pour regarder de loin ou je vais pécher , je recherche les postes ,par ou jevais commencer sans que pour cela je ne fasse fuir un poisson un peu plus loin , l'approche doit être discrète , parfois faire "l'indien" comme on aime à être juste là en bordure devant moi , quelques petits lancers sous la canne le long de la berge suffisent quelques fois a prendre un poisson qui se tenait a un mètre ou deux bien caché , elle le vairon elle va le voir et si elle a faim , elle fera l'effort de venir le chercher , mon
frein était bien réglé a l'avance et mon nylon tendu juste ce qu'il fallait pour ne pas la louper , trop de fois j'en ait loupées et des belles pour avoir négligé la préparation , le détail qui fait la différence , et j'en louperais encore c 'est sur , autant diminuer au maximum ce risque , ne serais ce que pour admirer une belle fario de quarante et plus et la voire repartir librement .
Je ne me lasse pas de regarder la rivière ou le ruisseau ou je m’apprête a lancer mon vairon , si je dois faire un détour , changer de rive a cause du soleil et plus particulièrement de mon ombre sur l'eau , toujours éviter de mettre les pieds dans l'eau si ce n'est pas nécessaire .
A la différence des rivières et ruisseaux de montagnes , dans les vallées ou gorges encaissées a la végétation épaisse qui permettes de pécher durant une grande partie de la journée , les cours d'eau que je pratique se trouvent dans des plaines a la dénivellation légère en général ,quelques accélérations puis des plats et des fosses , et ainsi de suite ,la pèche se pratique durant les premières heures de la journée , lorsque les oiseaux s'éveillent , une légère brume recouvre les prairies, le soleil bien caché derrière la colline , c'est a ces heures là que les belles se nourrissent , oses s'aventurer dans les courants sur un radier , ou tout simplement s'écarter de quelques mètres de leurs refuges , mais elles n'en sont pas moins sur le qui vive , a la moindre ombre suspecte , au plus infime bruit ou vibrations irrégulière , elles repartiront se cacher .
Le temps de pèche est cours, dés que le soleil arrosera la surface de l’onde, l’activité des poissons baisseras et ne reprendra, soit le soir ou le lendemain matin, bien sur cela n’empêche pas de pécher et de prendre du poisson, mais ce n'est plus pareil, c pour cela qu'il faut profiter et s’appliquer, le temps est précieux.

Pour finir , je vous dirais que perso , je préfère les 3 ou 4 derniers mois de la saison pour cette pèche , chacun d’entre nous a ces préférences , j'aime le moment ou les beaux poissons sortent de leur tanières pour venir se refaire une santé et prendre des forces , le moment ou en général les niveaux sont plus bas , le moment ou l'ont peu atteindre des postes et des endroits jusque là inaccessibles car trop d'eau pour s'aventurer sans danger dans le lit de la rivière , remonter celle ci en marchant en son milieu et faire des lancers vers l'amont dans toutes les directions , de grands arc de cercles sous les branches des arbres , explorer toutes les veines d'eau , longer les berges ,la canne a demie levée , nylon toujours tendue pour garder le contact avec la monture , je ressent chaque heurt avec les obstacles qui jonchent le lit , mon vairon traverse un grand herbier sans résistance , les belles y sont souvent dissimulées a attendre le passage d'une proie , alors , l'instant magique arrive , un trait noir glisse le long des herbiers et vient taper a mes pieds le vairon , ou mieux encore , une très belle qui suis le vairon dans à peine 10 cm d'eau la dorsale hors de l'eau et la caudale qui fouette pour avancer , quand ces moments là arrivent , je me dit que le bonheur c 'est pas grand chose et je suis le plus heureux des hommes.

fabdep