Plombée ruisseau, sortez des clichés !

nan savoyard

Entre la plombée de nos grands pères et la plombée dite moderne, de grosses évolutions ont eu lieu. Si les chevrotines  sur le bas de ligne, ou d’ailleurs plus souvent sur le corps de ligne, n’ont plus vraiment lieu d’être, la plombée progressive n’a pas forcément sa place dans un ruisseau ; pour s’en rendre compte, quelques observations faites au cours de ces années de pêche en ruisseau me le confirme.
Mais tout d’abord, précisons ce qu’est un ruisseau. Ce terme défini la largeur d’un cours d’eau, qui peut varier de un à cinq mètres de large, il est supérieur au ruisselet mais inférieur à la rivière. Il a un profil peu profond, un écoulement permanent et bien sur est souvent l’affluent d’une rivière. Un rapide rappel du parcours de l’eau en surface : la source, le ru, le ruisseau, la rivière, le fleuve, l’estuaire et enfin la mer…Proche des sources, le ruisseau n’a qu’un débit modéré et ne nécessite pas un matériel lourd pour pêcher, et plus spécifiquement d’une plombée adaptée à ce profil.

Si la plombée progressive est sans aucun doute un avantage certain dans la rivière, pour le ruisseau, la plombée doit rapidement mettre en place la ligne pour que celle-ci pêche correctement. La hauteur d’eau d’un ruisseau peut varier entre dix centimètres à plus d’un mètre pour certains trous ou certainement de beaux sujets se sentent en sécurité. En plus de ce facteur, la déclivité fait varier la vitesse des courants et il est très difficile d’avoir une plombée juste à tout moment. Il faut donc construire sa plombée de manière à régler celle-ci en ayant le moins de manipulation possible, mais juste en faisant glisser nos plombs sur le bas de ligne. La taille des plombs est bien sur fonction du débit d’eau, pas de sa hauteur, et de la force avec laquelle la ligne est « embarquée » par les courants. En début de saison, avec des eaux fortes, trois ou quatre plombs N°6 feront parfaitement l’affaire, alors qu’en été, par étiage, trois ou quatre plombs N°8 seront largement suffisant.

ruisseau sauvage

Bien régler sa plombée est alors le but du jeu, en fonction des divers facteurs cités plus haut, vous pourrez pêcher toutes les conditions rencontrées tout au long du parcours. En moyenne, [pêche en ruisseau] le premier plomb, celui que l’on nomme plomb de touche, se trouvera à un dizaine de centimètres de l’hameçon, mais dans certaines situations, comme une eau maigre et rapide, il peut se retrouver à quatre ou cinq centimètres de l’hameçon, ce qui permet de garder l’appât bien coller sur le fond et d’avoir une prise et un contact rapide avec la touche, les dérives ne dépassant rarement le mètre on doit présenter l’esche le plus rapidement possible aux truites. Si un trou profond se présente, le recul de la plombée, et son étalement, permet de pêcher plus en douceur, la truite ayant un peu plus de temps pour repérer le piège, en assouplissant cette plombée, la présentation se fera avec beaucoup plus de naturel.

Il arrive aussi de trouver de l’eau morte le long d’une cache, la truite est tapie au fond de son trou et sortira par énervement ou par opportunité, dans ce cas, un seul plomb collé à l’appât , le restant de la plombée étant étalée bien plus haut, permet de faire descendre l’esche de manière plus naturelle, en retenant un peu la ligne et en pianotant  avec la main gauche de manière à animer votre appât, toutes les chances seront de votre coté pour voir la truite sortir de sa cache et prendre votre hameçon.

Le Pétsu.