Robert Menquet

Robert MENQUET présente son nouveau livre

couverture livre menquet

Tous les truiteux connaissent ce pêcheur et son accent du sud-ouest prononcé ! Il nous propose un nouveau livre consacré à la pêche de la truite au vairon manié, avec 28 montures détaillées pour les réaliser sans faille.


Il est en vente chez lui à 22 € + 8 € de port avec dédicace dès réception du chèque avec l'adresse où l'envoyer. Je vous conseille de le joindre par mail.
Il est aussi diffusé par CAIRN et vendu chez l'imprimeur : ICN à ORTHEZ  05 59 69 77 80. Mais là vous ne bénéficierez pas de la dédicace….
 
Quelques nouveautés :
- La lecture des postes et le sens de l'eau.
- Le Toc nouvelles techniques, approche et évolutions.
- Plaidoyer pour la mouche noyée.
Et il va y avoir dans l'année le tome 2 de "Souvenirs d'un coureur de berges". Celui-ci je l’attends avec impatience !



Quelques extraits de ce livre:

Pour être un bon pêcheur il faut devenir « un chasseur », lisez l’eau :
Il me semble très étrange qu'un pêcheur arrive simplement dans la rivière et commence à pêcher tout de suite sans marquer un moment d’observations.
Cependant le même individu n’oserait pas faire la même chose en forêt lorsqu'il est à la chasse.
Vous ne verrez jamais un chasseur faire feu un peu partout, pensant peut-être atteindre un animal pour ensuite aller voir s’il a vraiment touché quelque chose.
C'est pourtant exactement ce que vous faites, si vous commencez à pêcher à l'aveuglette.
 Observez tout d’abord la zone de vos exploits et réfléchissez avant de commencer.
Vous devez penser comme un chasseur, parce que c'est exactement ce que vous êtes: vous chassez la truite.
Observez si vous le pouvez un héron en action et prenez avec lui une superbe et magistrale leçon de pêche/chasse.
Observez-le, c’est un des meilleurs pêcheurs /chasseur qui existe.  Il dépense plus de temps à regarder et observer qu'à pêcher.
Il a une patience infinie.
Vous ne le verrez jamais plonger dans un ruisseau à l'aveuglette, ici et là, dans l'espoir de tomber sur une proie.
Sachez où se cache la truite :       
Avant de vous aventurer dans la rivière, assurez-vous que vous avez étudié les eaux pour trouver les postes principaux.
Vous devez alors regarder attentivement dans et à travers l'eau pour détecter tout mouvement possible de la truite.
C’est la même chose que si vous scrutiez la forêt à la recherche d'un gibier. Vous devez reconnaître les truites par un semblant de leur forme.
La première chose à remarquer c’est le mouvement.
Une truite non dérangée reste assez longtemps à la même place pour que vous puissiez remarquer la forme cigare et surtout son ombre sur le fond du ruisseau.
On peut aussi remarquer le changement de couleur entre la truite et le lit de la rivière.
Le dos du poisson est beaucoup plus foncé et le ventre est toujours plus pâle.
Lorsque la truite se bouge de côté, vous remarquerez le reflet brillant causé par la couleur de son ventre.
Vous serez surpris de l'efficacité de ces observations et vous comprendrez mieux lorsque je vous dis que c’est une chasse.
L'intérieur de la bouche d'une truite est blanc, c’est ce que vous allez voir lorsqu'elle se nourrit.
Ceci est habituellement accompagné par un mouvement de son corps ou de sa queue.
Vos chances de capturer une truite seront beaucoup améliorées si vous la voyez avant qu'elle ne vous voit.
Un de mes Maîtres me disait :
- « Une truite immobile collée au fond est imprenable, une truite qui ondule calmement, qui remue doucement la queue est prenable ».
Donnez-vous cette opportunité de succès en lisant attentivement les eaux. 


1)    HISTORIQUE :
Les pêches à la ligne avec des poissons morts comme appâts sont des techniques connues depuis  l’antiquité tant pour la mer que pour l’eau douce.
Les Grecs du deuxième siècle avant J-C l’utilisaient déjà, OPPIEN célèbre  poète Grec a écrit et décrit dans « Les Halieutiques » quarante-huit méthodes de pêche ( ?) dont celle du mort manié :
Je cite : « …mais si l’on n’a qu’un poisson mort, on se hâte de lui adapter, au -dessous de la bouche, un lingot de plomb, auquel on a donné le nom de dauphin ; grâce au poids de ce plomb, le poisson baisse et relève la tête, on le croirait en vie. »
Si l’on lit attentivement ce passage, cela est réellement très explicite :
- 1° : un plomb « sous la bouche » : donc le lestage en tête et de plus décentré vers le  bas, cela donne donc bonne une position au « mort », une position plus naturelle.
- 2° : « grâce à ce plomb le poisson relève la tête » : donc, comme il est mort cela implique une action d’animation favorisée par le lestage.
- 3° : « on le croirait en vie » : et là le but de l’animation est clairement donné.
 
Comme quoi, une fois de plus, nous n’avons rien inventé si ce n’est l’art d’augmenter les pollutions et d’améliorer la façon de détruire de plus en plus vite notre biosphère ; toutes les espèces qui la partagent avec nous et nous-même.
Autrefois chaque région avait des spécialistes de la pêche, des pêcheurs professionnels existaient dans chaque commune où coulait une rivière, ils répondaient aux demandes pour fournir leurs concitoyens en poissons frais (les congélateurs n’existaient pas).
Ces pêcheurs avaient une connaissance approfondie de « leur rivière » et, c’est certain ils possédaient aussi des « combines » bien à eux pour réussir leurs pêches quelle que soit la saison.
Les « gens du voyage » (romanichels, manouches, gitans, etc) bien que de passage fournissaient également les auberges et les demandes des particuliers.
C’étaient  tous, qu’ils soient  locaux ou romanos, de grands pêcheurs.
Selon l’époque de l’année, ils pêchaient au ver, à la mouche noyée, au vairon mort manié ; souvent c’était avec la même canne.
A la saison, ils pêchaient au vairon mort manié et  comme ils vivaient de leurs captures, ils ne pêchaient pas pour s’amuser, mais malgré tout avec bon sens ils ne pillaient pas inconsidérément les cheptels, ils sélectionnaient leurs prises et faisaient en sorte de protéger le milieu et les poissons qui étaient le fondement de leur source de revenus.
 Ils avaient tous mis au point après recherches chacun dans leur coin, des montures simples et  efficaces.
Ces montures pour beaucoup n’ont pas conservé le nom de leur créateur, seule une en rappelle l’origine : « la bohémienne » ; pourtant une grande partie de celles de ce livre sont issues de leurs observations.
Comme ils étaient proches de la nature, ils avaient su déterminer quel type de montage était le bon en fonction des lieux où ils pêchaient, le plus apte à favoriser les captures.   
J’ai eu la chance d’en connaître quelques-uns (issus des villages ou gens du voyage), je les ai beaucoup observés, parfois à leur insu, pour certains j’ai pu gagner leur confiance et ils m’ont un peu appris leurs tours de main, je les en remercie ici et ne les oublie pas.
C’est la variété des régions, et le type des rivières qui ont donné toutes ces variantes aux montures et aux façons de les manier.
Comme en toute chose « la fonction crée l’organe » ;  en pêche l’action détermine le geste et engendre le matériel nécessaire pour bien pratiquer.